Turalo, lapin zéro, illustrateur 2017

07/03/2017

Aujourd'hui dans le Terrier, Piak reçoit son vieux complice Turalo. Moment de fraternité tendrement virile avec les fondateurs des 23HBD.


Piak : Bonjour mon cher Turalo, et bienvenue dans le Terrier des 23HBD. Installe-toi, prends un jus de carotte, tu connais les lieux, non ?
Turalo : Bonjour mon cher Piak, merci de m’accueillir ici, ça a l’air coquet avec la nouvelle déco. Sers-m’en un double !

Piak : Parle nous un peu de toi : à part auteur de bandes dessinées, c’est quoi ton vrai métier ?
Turalo : Ok, ça commence direct par des coups en dessous de la ceinture, c’est ça ? C’est mon procès ? Je réclame un jury populaire !
Auteur de bande dessinée, c’est beaucoup dire, je ne suis – dans cet art – qu’un simple artisan… Mais sur mes plages de temps libre, j’assume aussi la fonction de directeur d’une formation aux métiers de la BD, l’Académie Brassart Delcourt. Certains de mes étudiants (seulement les plus doués, hein) participent d’ailleurs cette année : ils seront notés super sévèrement, et s’ils ne remplissent pas le contrat des 24 pages en 23 heures, ils seront renvoyés de la formation.
Ah, et autrement, la nuit quand je ne dors pas, je crée des challenges un peu fous avec des amis…

Piak : Turalo, tu vieillis vachement bien, j’aimerais devenir comme toi. Toutefois, ça te fait quoi d’avoir le même âge que Gaston Lagaffe ?
Turalo : Oh, tu es bien placé pour savoir que l’âge, c’est dans la tête ! Toi, tu es né vieux… Moi, à l’image du célèbre gaffeur, je serai certainement encore un enfant à ma dernière heure. Ça me laisse encore un peu de temps pour m’amuser follement d’ici-là !

Piak : Pourquoi les 23 heures de la bande dessinée ? Qu’est-ce qu’il s’est passé dans ta tête ?
Turalo : Ben au départ, il y avait les 24 Heures de la BD, pendant le Festival d’Angoulême… Un marathon un peu select qui se passe en semaine. C’était pas pratique. Alors l’idée un peu dingue, ça a été de dire, on va le faire quand même, mais avec 1 heure de handicap ! Et comme il existe dans notre calendrier une journée par an qui n’a que 23 heures, y avait plus qu’à. Je… Je ne sais pas ce qu’il m’est passé par la tête… Je suis tellement désolé.
Je vous demande pardon.

Piak : C’est la dixième édition en 2017, c’était beau, toutes ces aventures, ces dernières années! Comment vois-tu l’avenir des 23HBD pour les dix prochaines éditions ?
Turalo : Ah bon ? On avait pas dit que c’était la dernière ?
Zut, il va falloir que je change mon emploi du temps des 10 prochaines années, alors.
Donc, l’avenir sera beau, ça déjà c’est une chose certaine ! Ensuite, il y aura plein de nouveautés, des nouvelles perspectives, des technologies pas encore inventées, et toujours plus de pages de nouvelles BD. Plus !
Et dès l’année prochaine, les participants qui ne terminent pas le challenge seront punis.

Piak : Cette année j’ai bien envie de faire du Turbomédia, mais je ne sais pas trop comment commencer, qu’est-ce que tu me conseilles ?
Turalo : Le Turbomédia est une technique de narration encore très jeune, un champ de recherche encore riche et à peine défriché : une façon de dynamiser la lecture de la BD sur supports numériques (tant qu’on a pas encore trouvé le moyen d’imprimer des gifs animés). Depuis quelques années, grâce au LemonSlide de Goliver, il est possible de participer aux 23HBD en "mode Turbo", inspiré des premiers récits publiés et popularisés par Balak, Malek, ou plus récemment ClemKlé… Le mieux, déjà, c’est d’être curieux et d’en lire le plus possible pour découvrir et comprendre un peu comment ça marche, à travers le site www.turbointeractive.fr, ou encore fouiller les archives du site des 23HBD pour lire les participations des années passées (comment ça, tu ne l’as pas encore fait, canaillou ?).

Piak : Tu aurais envie d’avoir quoi comme thème ? A part les auteurs morts, sinon c’est trop facile…
Turalo : Ben comme tu as déjà eu les honneurs de la contrainte, l’année où David Hasselhoff devait porter un t-shirt "I <3 Piak". Ensuite, en ce qui concerne les auteurs morts, je préfère qu’on les laisse où ils sont. Déjà, parce qu’ils étaient souvent très doués et que, s’ils revenaient, ils nous piqueraient notre boulot. Ensuite, parce que c’est pas très respectueux de leur faire vivre de nouvelles aventures, sans l’autorisation de leurs ayants droit. Y a que les gens pas très cools qui font ça.

Piak : Un jour, au collège, je suis venu avec des chaussures à glands, tout le monde s’est moqué de moi. Est-ce que ça t’est déjà arrivé ?
Turalo : Non, j’ai arrêté les chaussures à glands. Ça a été un moment difficile, la désaccoutumance est un long chemin. Maintenant je porte des sandales, été comme hiver, avec ou sans chaussettes. Mais tout le monde se moque de moi aussi.
C’est difficile, de trouver chaussure à son pied.

Piak : Les 23HBD de cette dixième édition sont sous le signe de Mars. Qu’est-ce que tu emmènerais si tu devais vivre sur cette planète? A part de l’oxygène ?
Turalo : Si je ne devais emmener qu’une seule chose, ce serait toi, parce que tu es rigolo et plutôt beau gosse. Mais mes enfants risqueraient de me manquer, et on pourrait pas en avoir tous les deux. J’hésite.
Je peux réfléchir encore un peu ?

Piak : As-tu un dernier petit mot pour les lapins ?
Turalo : Prenez du plaisir !
Oui, j’ai bien confiance que cette phrase fait un peu bizarre après ma réponse à la question suivante… Mais sérieusement : les 23HBD, c’est pour s’amuser, passer du bon temps et prendre le risque de se dépasser ! La première victoire, c’est de participer. Ensuite, pour ceux qui arriveront au bout du challenge, ne perdez pas de vue que vous vous adressez à des lecteurs : faites votre possible pour raconter au mieux votre histoire, que votre récit amuse, touche, interroge votre spectateur.
Une de mes plus grandes satisfactions, dans cette aventure, c’est de prendre le temps, dans la suite du marathon, de lire, découvrir, fouiller les centaines de récits. À chaque fois j’y trouve de nouvelles petites pépites et, quel que soit le « niveau » du participant, je n’ai jamais été déçu par ce que j’ai lu.
Les lapins, faites-moi rêver !!!

Piak : Merci mon ami ! J’espère qu’on vivra encore d’autres belles aventures comme ça !
Turalo : C’est pas en déménageant de l’autre côté de l’Atlantique que tu vas arranger les choses, lâcheur ! Mais on va trouver, t’inquiète.
Sinon, j’ai réfléchi depuis tout à l’heure : en fait, Mars, ça me tente pas. Il fait trop chaud là-haut, et j’ai encore trop de trucs à faire ici. D’ailleurs, je suis à la bourre, il faut que j’y retourne !
Bisou, gros.

 



Si vous voulez en savoir sur Turalo, suivez ces liens :

Son blog : http://turalo.over-blog.com/

Sa page Facebook : https://www.facebook.com/KingTuralo/

Son Twitter : https://twitter.com/Turalo

Et une autre interview de Turalo ici-même en 2015 : https://www.23hbd.com/index?pg=post&pst=45

Crédit photo : Chloé Vollmer-Lo.

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